C’est au Yémen que le café est devenu une marchandise. Le grain est né en Éthiopie, mais ce sont des paysans yéménites qui l’ont d’abord cultivé commercialement, et le port de Moka qui l’a expédié au monde entier à partir du XVe siècle.
Chaque caféier Typica et Bourbon de la planète — et donc la plupart des variétés d’arabica — descend de souches yéménites.
Le profil
Sauvage et complexe : vineux, profondément chocolaté, épicé, parfois avec un caractère de fruits secs et de tabac. Corps lourd, acidité faible à modérée, et une pointe fermentaire qui fait partie de l’identité plutôt que du défaut.
Rien d’autre n’a ce goût, et deux lots n’ont jamais tout à fait le même.
Sur des terrasses taillées dans des versants extrêmement raides, à des altitudes atteignant 2 400 mètres, souvent sur des parcelles d’une fraction d’hectare. L’eau est rare : le traitement est donc nature, les cerises séchant entières sur les toits et les terrasses, exactement comme il y a des siècles.
Les variétés sont d’anciennes variétés locales yéménites, en grande partie non répertoriées.
Pourquoi c’est difficile
Le Yémen est en guerre depuis des années. Les infrastructures sont endommagées, les circuits d’exportation incertains, et la sécheresse menace en permanence. Chaque sac qui arrive en Europe a traversé une chaîne d’approvisionnement qui, en théorie, ne devrait pas tenir.
La qualité varie donc énormément, et les prix sont très élevés.
La confusion sur le nom
Moka, le port, a donné son nom à la note chocolatée, puis à la boisson mocha qui contient, elle, du vrai chocolat. Cette boisson n’a rien à voir avec le café yéménite, au-delà du mot emprunté.
Le préparer
L’immersion convient à son corps et à son côté sauvage : cafetière à piston ou AeroPress. Torréfaction moyenne. C’est une expérience plus qu’un café de tous les jours, et il faut l’aborder comme telle.