Cortar, en espagnol, veut dire couper. Un cortado est un expresso coupé d’une quantité égale de lait chaud — assez pour arrondir l’acidité, très loin de ce qu’il faudrait pour en faire une boisson lactée.
Il se sert dans un petit verre, en général autour de 110 ml, et il se boit vite.
Les proportions
Environ un pour un. Un double expresso de 36 g avec 40 à 60 ml de lait. Le lait est chauffé à 60 °C environ et à peine texturé : on le veut soyeux, pas mousseux.
C’est ce qui le sépare de toutes les autres boissons lactées : presque aucune mousse, et le café reste manifestement le sujet.
Pourquoi le verre compte
Traditionnellement un vaso, un petit verre épais, parfois muni d’une anse métallique. Le verre montre les deux couches avant qu’on ne mélange, ce qui fait partie du plaisir, et le petit volume garde la boisson chaude jusqu’à la dernière gorgée.
En Espagne et ailleurs
Au Pays basque, on parle souvent d’ebaki. Au Portugal, le pingado s’en approche. À Cuba et à Miami, le cortadito ajoute du sucre, souvent fouetté avec les premières gouttes d’expresso.
Le piccolo latte australien est un cousin — un ristretto en petit verre couvert de lait texturé — mais il est plus lacté qu’un vrai cortado.
Le préparer
Tirez un double, texturez 60 ml de lait avec une phase d’étirement très courte et une longue rotation, puis versez directement. Pas de latte art ici : la surface est lisse et brillante, un point c’est tout.
Comme il y a si peu de lait, l’expresso n’a nulle part où se cacher. Un cortado fait avec une extraction ratée est désagréable, là où un latte l’aurait dissimulée.